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- Rédigé Par MenouActu Suivre @MenouActu
- Mis a jour 04/06/26 à 7:12
À Nzentsoh, Letiapouh, Metessong, Nzematsang et Letieu, les populations préparent un nouveau mouvement d’humeur. En cause : deux semaines sans électricité, sans explication, alors que les élèves composent.
Obscurité, téléphones à plat, repas à la bougie, et examens encours. Depuis 14 jours, les villages de Nzentsoh, Letiapouh, Metessang, Nzematsang et une partie de Letieu vivent au rythme des coupures. Une situation qui exaspère et pousse les habitants à envisager de bloquer la route pour se faire entendre.
Il y a une semaine, une première grève avait été désamorcée in extremis par Prosper Fouelefack, président du comité de développement du village Nzematsang. L’homme avait appelé au calme, le temps de laisser l’administration agir. Mais le courant n’est jamais revenu.
« On nous a demandé de patienter. Aujourd’hui, rien n’a bougé. Les enfants composent dans le noir, et personne ne nous dit pourquoi », s’indigne un père de famille rencontré à Nzematsang.
Un transformateur en cause, mais personne ne bouge
Selon une source proche de l’autorité administrative, la panne viendrait d’un transformateur endommagé à l’entrée de Nzentsoh. Une explication qui passe mal.
« Comment se fait-il qu’autant de clients soient sur une seule ligne, et qu’on n’ait pas de matériel de rechange ? S’il y a même la lumière, la basse tension ne nous laisse rien faire », déplore un chef de famille, visiblement à bout.
Pour beaucoup, l’argument technique ne tient plus. Deux semaines sans réaction concrète, c’est, disent-ils, le signe d’un mépris des consommateurs par l’ancien concessionnaire Eneo et le nouvel opérateur Socadel. Aucun communiqué, aucune date annoncée, aucun technicien visible sur le terrain.
Des conséquences qui touchent à la vie même
À Foreke-Dschang, la vie s’organise autour de l’absence d’électricité. Recharger un téléphone devient un parcours du combattant : il faut descendre en ville, payer la recharge, et espérer que la batterie tienne quelques heures. Les petits commerces perdent leur stock, les élèves révisent à la lampe, les malades craignent pour leurs médicaments qui nécessitent le froid.
Mais le problème va plus loin. Sans courant, les forages creusés par les populations elles-mêmes ne fonctionnent plus. Résultat : les robinets sont secs. L’eau, c’est la vie, et ici elle manque. Les provisions conservées dans les congélateurs se gâtent jour après jour.
Conséquence directe : les familles sont exposées à la faim, et ce, en pleine période de soudure où les récoltes n’ont pas encore commencé. « On n’a ni lumière, ni eau, ni nourriture. On survit », résume une mère de famille à Letiapouh.
Lors d’un échange avec les leaders des villages Letiapouh et Nzematsang, le préfet avait promis de « tout faire pour un retour du courant ». Une promesse qui ne convainc plus.
« On ne croit plus aux promesses. Si rien ne change, on va barrer la route. On veut juste qu’on nous entende », préviennent plusieurs jeunes mobilisés dans les quartiers.
Que se passe-t-il vraiment ?
La question revient dans toutes les bouches : pourquoi faut-il deux semaines pour changer un transformateur ? Pourquoi les populations doivent-elles toujours mendier un service pour lequel elles paient ?
En attendant des réponses, la mobilisation se prépare. Les sensibilisations vont bon train dans les différents quartiers. L’objectif est clair : éviter que la colère ne déborde, mais surtout obtenir une solution d’urgence.
Les populations de Foreke-Dschang demandent une intervention immédiate des autorités administratives et des responsables de Socadel. L’enjeu dépasse le confort : il s’agit de permettre aux enfants de composer dans des conditions dignes, de redonner l’eau aux villages, et de sauver des familles déjà fragilisées.
Vivement que l’urgence soit comprise avant que le silence ne cède à la confrontation.
Par SM pour le journal citoyen Menouactu https://www.menouactuweb.com




