- Ajouter le 20/07/26
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- Rédigé Par MenouActu Suivre @MenouActu
Depuis ce matin, l’hôtel de ville de Santchou est à l’arrêt. Les employés communaux ont déclenché une grève illimitée pour réclamer 16 mois de salaires impayés. Barricades à l’entrée, pancartes en main, ils accusent le maire Ngoubene François de se moquer
"Trop c’est trop" : la colère éclate
À l’origine du mouvement : des mois de promesses non tenues. Les grévistes rappellent qu’en présence du Préfet de la Menoua, l’édile s’était engagé à éponger la dette "progressivement, dès le versement des centimes additionnels communaux, CAC".
"Depuis lors, rien", lâche un employé, visiblement excédé.
À la tête du mouvement, le délégué du personnel, nommé Pelé, ne mâche pas ses mots :
"16 mois déjà sans salaire. Vous croyez que nous vivons comment ? Trop c’est trop."
Sur les pancartes érigées à l’entrée de la mairie, on peut lire des messages sans équivoque : "Monsieur le maire, payez-nous notre salaire. Nous l’avons travaillé, nous le méritons."
Une détresse qui pousse à "abuser" des populations
Au-delà de la colère, c’est une détresse sociale qui s’exprime. Un employé confie sous couvert d’anonymat :
"Pour survivre, on est obligé d’abuser des populations avec les taxes. Mais même avec ça, notre situation se dégrade chaque jour."
Les manifestants vont plus loin et dressent un bilan "catastrophique" de la mandature du maire Ngoubene François. Ils dénoncent l’absence d’eau potable, de routes, de soins de santé, d’électricité. Bref, l’absence de services sociaux de base.
Ironie du sort : "Ici à Santchou il y a de l’eau en abondance, mais le peuple meurt de soif", déplore un riverain venu soutenir le mouvement.
Pour les grévistes, ces dysfonctionnements sont la conséquence directe "des maires de Yaoundé désignés par le comité central du Rdpc", sans ancrage réel dans les réalités locales.
Le silence des autorités
Au moment où nous mettons sous presse, aucune autorité locale ne s’était encore rendue sur le terrain pour écouter ou apaiser les manifestants. La mairie reste bouclée et les services aux populations paralysés.
À l’approche de la rentrée scolaire, l’inquiétude grandit
La grève intervient à quelques mois de la rentrée scolaire. Pour ces chefs de famille, l’angoisse est à son comble : comment payer la scolarité et les fournitures des enfants sans salaire ?
"Nous lançons un cri d’alarme à la hiérarchie", plaident les employés. "Qu’on se penche sur le cas de Santchou et qu’on fasse quelque chose."
La balle est désormais dans le camp de la tutelle. En attendant, Santchou retient son souffle.
Par SM pour le journal citoyen Menouactu https://www.menouactuweb.com
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